4ème trimestre 2025
Au 4ème trimestre 2025, le taux moyen des crédits du secteur concurrentiel s’est établi à 3.14 %.
TAUX | TAUX PAR GROUPES | DURÉE | ACTIVITÉ MARCHÉ | COÛT RELATIF | SOLVABILITÉ | CAPACITÉ Á ACHETER | TENDANCES TAUX
| INDICATEURS | 4EME TRIMESTRE 2025 | 3EME TRIMESTRE 2025 | TENDANCE |
| Taux | 3.14 % | 3.09 % | ![]() |
| Durée | 250 mois 20 ans 10 mois |
249 mois 20 ans 9 mois |
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| Coût relatif moyen | 4.2 | 4.1 | ![]() |
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Marché du neuf dont accession seule |
3.07 % |
3.08 % |
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Marché de l’ancien dont accession seule |
3.14 % 3.14 % |
3.07 % 3.07 % |
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Activité marché des crédits |
Montant de Production |
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Montant de Production + 31,1 % Nombre de prêts + 38,0 % |
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Analyse
UN TAUX MOYEN QUI PROGRESSE PLUS NETTEMENT
Au 4ème trimestre 2025, le taux moyen des crédits du secteur concurrentiel s’est établi à 3.09 %.
3.05% pour l’accession dans le neuf
3.14% pour l’accession dans l’ancien.
En décembre 2025, le taux moyen des crédits du secteur concurrentiel s’est établi à 3.17 %
Après un 1er trimestre sous le signe de la baisse des taux (de 23 points de base – pdb), la stabilité s’est installée durant 5 mois jusqu’à la fin de l’été.
Mais dès septembre, le taux moyen est reparti à la hausse : entre juin et décembre, il a repris 11 pdb, de 3,06% à 3,17%.
Dans un contexte où la demande de crédits souffre d’un léger repli, les banques ont dû passer d’un ajustement des taux d’abord mesuré pour préserver leur activité de prêteur, à une hausse plus nette pour renforcer leurs fonds propres. La prudence est de mise dans un paysage politico-économique où l’incertitude persiste et un contexte de taux obligataires orientés à la hausse sans que la BCE ait bougé ses taux de refinancement depuis juin.
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Prêts du secteur |
Taux moyens (en %) |
Sur 15 ans | Sur 20 ans | Sur 25 ans |
| Décembre 2024 | 3,31 | 3,24 | 3,26 | 3,34 |
| Mars 2025 | 3,08 | 3,00 | 3,01 | 3,10 |
| Juin 2025 | 3,06 | 3,01 | 3,07 | 3,12 |
| Septembre 2025 | 3,12 | 3,04 | 3,12 | 3,20 |
| Décembre 2025 | 3.17 | 3.09 | 3.17 | 3.25 |
Taux par groupes d'emprunteurs
Après un semestre d’un ajustement prudent, les taux des prêts à 25 ans ont finalement bondi de 13 pdb durant le 2nd semestre et ceux à 20 ans de 10 pdb, alors que les taux des prêts à 15 ans ont augmenté moins vite, de 8 pdb.
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Décembre 2025 |
Juin 2025 |
||||||
| Prêts du secteur concurrentiel |
TAUX FIXES | Sur 15 ans | Sur 20 ans | Sur 25 ans | Sur 15 ans | Sur 20 ans | Sur 25 ans |
| 1er groupe |
2,74 |
2,78 |
2,87 |
2,68 |
2,72 |
2,75 |
|
| Taux moyens | 2ème groupe |
2,99 |
3,06 |
3,18 |
2,95 |
3,01 |
3,06 |
| (en %) | 3ème groupe |
3,18 |
3,23 |
3,33 |
3,09 |
3,15 |
3,20 |
| 4ème groupe |
3,45 |
3,53 |
3,64 |
3,35 |
3,41 |
3,49 |
|
| Ensemble | 3,09 | 3,17 | 3,25 | 3,01 | 3,07 | 3,12 | |
Le 1er groupe rassemble les 25% d’emprunteurs dont le taux est le plus bas (valeurs des taux inférieures au 1er quartile, Q1).
Le 4ème groupe, les 25% d’emprunteurs dont le taux est le plus élevé (valeurs des taux supérieures au 3ème quartile, Q3).
Le 2ème groupe rassemble donc les 25% d’emprunteurs dont le taux est compris entre Q1 et la médiane.
Et le 3ème groupe, les 25% d’emprunteurs dont le taux est compris entre la médiane et Q3.
UNE DURÉE MOYENNE ÉLEVÉE POUR COMPENSER
Au 4ème trimestre 2025, la durée moyenne des prêts accordés était de 250 mois.
La durée moyenne des crédits octroyés reste très élevée depuis plus d’un an.
Les banques s’efforcent de compenser la remontée du coût des opérations financées pour préserver la solvabilité des emprunteurs, alors que la hausse des taux alourdit les mensualités de remboursement.
L’annuité de remboursement moyenne pour un emprunt de 100 K€ est stable depuis le début de l’année. Elle est inférieure de 11.1 % à celle de décembre 2023, mais elle reste plus élevée de 18.5 % par rapport à décembre 2021.
Cette stratégie des banques pour soutenir le marché atteint ses limites face à la montée de l’incertitude. Dans le détail de la structure de production, on voit moins de prêts longs avec un recul en proportion des prêts de 25 ans et plus, qui diminue de 45.4 % en décembre contre 51.9 % au 1er trimestre 2025. Dans cette situation, les jeunes seront les premiers candidats au crédit affecté par cette évolution quand on sait que 87.7 % des emprunteurs de moins de 35 ans ont bénéficié d’un prêt d’une durée d’au moins 20 ans
UN RYTHME DE REPRISE QUI RALENTIT
après un début d’été qui enregistre l’activité la plus soutenue de l’année, la suite de l’année a dû composer avec un affaiblissement de la production de crédits et du nombre de prêts accordés. Suivant le profil saisonnier du marché des crédits observé depuis le début des années 2000, le nombre de prêts se contracte de 34.0 % en moyenne entre juillet et août (pour un recul de 31.3 % sur le marché de l’ancien).
Mais au-delà de ce profil saisonnier, le rythme de progression de l’activité est maintenant 3 fois moins rapide qu’en mars dernier :
avec pour la production de crédits mesurée en niveau trimestriel glissant,
+ 13.9 % en décembre 2025 en GA, contre + 48.4 % en mars ; et
+ 20.1 % pour le nombre de prêts accordés, contre + 52.8 % en mars. L’atterrissage de la reprise est notable.
Et l’activité constatée depuis janvier reste très inférieure à son niveau moyen des années 2016 à 2019 : - 29.3 % pour le nombre de prêts accordés et – 39.6 % pour la production de crédits. La reprise actuelle n’a donc pas gommé les conséquences de la crise qui a bouleversé les marchés depuis 2020.
INDICATEURS EN NOMBRE DE PRÊTS
|
ACTIVITÉ (HORS RACHATS DE PRÊTS) |
ENSEMBLE du marché glissement annuel |
Marché du NEUF glissement annuel |
Marché de l'ANCIEN glissement annuel |
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2024 / 2023 |
+ 23,2 % |
+ 35,8 % |
+ 7,2 % |
|
S1 2025 / S1 2024 |
+ 46,4 % |
+ 46,9 % |
+ 58,8 % |
|
S2 2025 / S2 2024 |
+ 30,6 % |
+ 28,5 % |
+ 48,5 % |
|
S2 2025 / S1 2025 |
+ 0,2 % |
+ 0,7 % |
+ 4,3 % |
| 2025 / 2024 année glissement annuel |
+ 38,0 % | + 37,1 % |
+ 53,4 % |
LE COÛT RELATIF MOYEN
La transformation des catégories d’emprunteurs vers des ménages plus aisés se perçoit dans l’augmentation nette des revenus (+ 2.4 % en 2025, après + 1.4 % en 2024). L’accès au crédit reste plus compliqué pour les emprunteurs modestes faiblement dotés en apport personnel. Les tensions sur les prix des logements sur tout le territoire, notamment sur des marchés où l’offre est insuffisante, contribuent à une remontée rapide du coût des opérations (+ 4.8 % en 2025).
Le coût relatif s’établit à 4.2 années de revenus au 4ème trimestre 2025. Néanmoins il a nettement reculé depuis 3 ans, compte tenu de la transformation des profils emprunteurs.
L’INDICATEUR DE SOLVABILITÉ EN RECUL EN 2025
compte tenu de la détérioration des taux des crédits et de la hausse rapide des prix des logements, l’indicateur de solvabilité de la demande s’est dégradé en 2025, en dépit du niveau élevé des durées des prêts accordés.
Il a néanmoins réussi à se stabiliser depuis l’été. Cette évolution intervient dans le contexte du retour sur le marché de ménages plus aisés, des secundo acheteurs avec revente notamment, qui peuvent plus facilement satisfaire aux contraintes instaurées avec le plafonnement du taux d’effort des emprunteurs, mais sont de plus en plus souvent déstabilisés par l’augmentation rapide des prix des logements
Carte Capacité des ménages à acheter - appartements anciens
La surface achetable qui avait augmenté jusqu’à l’été a reculé : et par référence à un bon T4-2024, la baisse à concerné les deux tiers des grandes villes.
- Niveau national : Depuis un an, la surface achetable a ainsi diminué de 3,1 m² France entière.
Surface habitable (en m²) achetée en 2025 / Variation des prix en % sur 1 an (niveau annuel glissant)
Variation de la surface achetable (en m²) sur un an (T4-2025 / T4-2024)
Surface habitable (en m²) achetée en 2025 / Variation des prix en % sur 1 an (niveau annuel glissant)
Variation de la surface achetable (en m²) sur un an (T4-2025 / T4-2024)
Tendances des taux et des marchés
La croissance économique va rester médiocre, dans un climat d’instabilité politico-économique. L’économie française se positionne sur un sentier de croissance modérée. Avec une demande fragile et hésitante, affectant les opportunités d’investissement des entreprises et les projets d’investissement résidentiel des ménages. Le PIB ne devrait guère s’élever de plus de 0.8 % en 2026, pour se relever très modérément en 2027 (+ 1.0 %).
Dans cet environnement économique, la remontée des taux des crédits immobiliers va se poursuivre en 2026, puis en 2027. Un éventuel effort « commercial » des banques au printemps 2026, afin de consolider la production de crédits, ne sera pas suffisant ; d’autant qu’il devrait rester « sélectif », afin d’éviter l’engrangement de risques de défaut, la prudence occupant une place de plus en plus large dans la stratégie des établissements distributeurs.

Ainsi après :
- 3.11 % en moyenne 2025
- 3.14 % au T4 2025
Le taux moyen augmente en 2026 :
- 3.41 % en moyenne 2026,
- 3.55 % au T4-2026.
puis en 2027 :
- 3.60 % sur l’année 2027
- 3.95% au T4 2027
Variation de la production de crédits - indicateurs comparés
Dans un environnement peu favorable à l’immobilier résidentiel, le redressement du marché des crédits immobiliers devrait néanmoins se poursuivre. La mise en œuvre des mesures de relance de la construction et la pression de la demande sur le marché de l’ancien (outre une nouvelle hausse des prix des logements, compte tenu de la situation de pénurie qui perdure sur la plupart des territoires) devraient entretenir une nouvelle progression du marché des crédits. Cette reprise est néanmoins bridée : par les contraintes que la Banque de France fait peser sur la demande de crédits des particuliers et par l’évolution des prix de l’immobilier.
La production ne devrait retrouver en 2027 que le niveau moyen des années 2017-2018 : la production aura alors perdu 25 % (en volume au prix de l’IPCH). Et ses marges de progression ultérieure seront très limitées.





